mardi 30 janvier 2018

L'Homme moderne a précédé de loin l'Homme de Néandertal au Levant

La découverte dans une grotte d’Israël d’un fragment de mâchoire d'Homo sapiens antérieur aux plus vieux fossiles néandertaliens au Levant prouve que les hommes modernes sont sortis d'Afrique il y a sans doute bien plus de 200 000 ans.

Depuis des années, certains paléoanthropologues y songeaient. La partie supérieure du carré 9 de l’unité stratigraphique 6 de la grotte de Misliya sur le Mont Carmel en Israël vient de leur en apporter la preuve. Désormais, on ne peut plus en douter: Homo sapiens a quitté l’Afrique plus tôt que ce que l’on croyait. Il y a bien plus de 200 000 ans sans doute ! Cette nouvelle, que de petits indices annonçaient depuis longtemps, change radicalement le consensus entre préhistoriens : encore récemment, Homo sapiens était censé avoir quitté l'Afrique pour le Levant une première fois il y a quelque 100 000 ans, y être retourné sous la pression des Néandertaliens (alors présents au Proche-Orient), puis être revenu en Eurasie il y a de 80 000 à 60 000 ans pour bousculer son cousin néandertalien et conquérir la Terre de façon explosive.

La preuve de la présence d'H. sapiens au Levant il y a bien plus de 100 000 ans est Misliya-1, un très ancien demi maxillaire sapiens mis au jour et étudié par une équipe internationale dirigée par Mima Weinstein-Evron, de l’université d’Haïfa, et Israel Hershkovitz, de l’université de Tel Aviv (image ci-dessus). Pour le dater, trois laboratoires ont appliqué différentes techniques : la datation par résonance de spin électronique fossile (une méthode qui révèle le temps qu’un élément minéral a passé enfoui), la datation par thermoluminescence et la radiochronologie (datation par l’uranium-thorium). Les chercheurs ont utilisé ces techniques sur une série de neuf silex trouvés en proche association avec le fossile, à la croûte le recouvrant, à l’émail dentaire et, finalement, pour exclure l’influence d’une intrusion de sédiments récents, à la dentine (la partie interne de la dent). À l’exception inexpliquée d’une date sur la dizaine obtenue, les estimations amènent à placer l’âge de Misliya-1 entre il y a 177 000 et 194 000 ans, avec une probabilité de 97,9%.

Pour prouver qu‘il s’agit bien d’un maxillaire sapiens, les chercheurs se sont livrés à une étude morphométrique, c’est-à-dire qu’ils ont soigneusement mesuré tous les détails visibles de la forme du maxillaire et des dents afin de les comparer à ceux des formes archaïques d'H. sapiens et d'autres espèces. Il en ressort qu’il s’agit d’un maxillaire sapiens «sans aucun trait squelettique ou dentaire néandertalien».

Un point essentiel est le fait que toutes les unités stratigraphiques de la grotte de Misliya, y compris l’unité 6, sont mêlés d’artefacts relevant de ce que les chercheurs nomment le Moustérien levantin précoce, une industrie lithique caractérisée par un débitage d’éclats dit Levallois (notamment des éclats triangulaires pouvant servir de pointe). Or ce type de moustérien est traditionnellement associé en Eurasie aux Néandertaliens, dont il constitue un marqueur. Pour autant, on sait depuis longtemps, qu'au Proche-Orient, il est associé sur certains sites à des fossiles néandertaliens et sur d'autres – les sites de Qafzeh et de Shkul – à des fossiles sapiens. En outre, il se rencontre aussi dans toute l’Afrique du Nord, notamment à Jebel Ihroud au Maroc, où a été récemment identifié le plus ancien H. sapiens archaïque connu (300 000 ans), mais aussi en Afrique de l’est à Kulkuletti en Éthiopie (279 000 ans) à Kapthurin au Kenya (285 000 ans) et même plus anciennement encore – il y a quelque 500 000 ans avant l’apparition d’H. sapiens – à Kathu Pan en Afrique du Sud. Jusqu'à présent on continuait à lier le moustérien avant tout à H. neanderthalensis, mais la date fournie par Misliya 1 suggère que l’apparition du débitage Levallois en Eurasie pourrait être, comme l’écrivent les chercheurs, «associée avec l’apparition des H. sapiens» au Levant. Cette évolution de notre point de vue sur le Moustérien est une nouvelle de grande importance en paléoanthropologie.

L’hypothèse d’une sortie d’Afrique des H. sapiens il y a plus de 200 000 ans, ou plus, apparaît dès lors d’autant plus probable qu’elle rejoint les conclusions d'une autre étude. Une équipe constituée autour de Cosimo Posth, à l’Institut Max-Planck pour l’histoire humaine de Tübingen, en Allemagne, a analysé des gènes mitochondriaux contenus dans le tibia néandertalien HST trouvé dans la grotte de Hohenstein-Stadel, dans le Jura souabe. Comme tous ceux des Néandertaliens, ces gènes sont plus proches de ceux de son cousin sapiens que de ceux de leur ancêtre commun (Homo heidelbergensis). Dès lors, des calculs d’horloge génétique suggèrent que la diversité des gènes mitochondriaux néandertaliens constatée grâce à HST ne peut s’expliquer que si une migration d’H. sapiens archaïques est venu d’Afrique apporter au Néandertaliens leurs gènes mitochondriaux il y a entre 470 000 et 220 000 ans.

La sortie d’Afrique précoce des H. sapiens archaïques suggéré par Misliya 1 et HST a aussi l’avantage de régler nombre de problèmes qu'il était difficile de traiter si H. sapiens n'avait commencé son expansion en Eurasie qu'il y a 80 000 ans au plus tôt : la découverte en 2010 dans une grotte du sud de la Chine d’un bout de mandibule de plus de 100 000 ans et d’autre indices suggèrent une arrivée d’H. sapiens en Chine bien plus tôt que ce que l’on pensait ; la réalisation récente que l’irruption d’H. sapiens en Australie il y a quelque 65 000 ans et donc bien avant en Asie du Sud-Est ; la constatation du fait que les néandertaliens de l'Altaï sibérien étaient déjà métissés avec des H. sapiens il y a plus de 100 000 ans…

Et puis, il y a l’existence au Levant d’une culture matérielle (silex taillés, artefacts divers, etc.) qui semble intermédiaire entre l’Acheuléen (l’industrie lithique caractéristique du Paléolithique inférieur d’Afrique ou d’ailleurs) et l’industrie moustérienne : la culture acheuléo-yabroudienne, qui prospéra il y a entre entre 350 000 et 200 000 ans. Or un crâne partiel fossile, celui de l’«Homme de Galilée» trouvé sur le site de Mugharet el-Zuttiyeh est associé à cette culture. Découvert dans les années 1920, le crâne de l’Homme de Galilée est d’abord passé pour celui d’un Néandertalien. Toutefois, dans les années 1980, après avoir réétudié tous les fossiles du Levant, le paléoanthropologue français Bernard Vandermeersch avait attiré l’attention sur l'impression qu’il partageait avec nombre de collègues : «le crâne de Zuttiyeh se rapproche, en fait, de la morphologie sapiens, mais avec la persistance de traits primitifs – l’importance du relief sus-orbitaire par exemple – qui permet de le placer parmi les Homo sapiens archaïques.» À partir de cela et d’autres observations, notamment le fait qu’aucun fossile néandertalien d’âge comparable à celui de l’homme de Galilée n’est connu au Levant, il proposait qu’une très ancienne population d’H. sapiens archaïque était déjà établie au Proche-Orient, bien avant que le fort réchauffement climatique du Stade isotopique marin 5 (130 000 à 71 000 ans avant le présent) n’ait amené au Proche-Orient une population néandertalienne allochtone, qui s’est ensuite mélangée avec les habitants sapiens du Proche-Orient, initiant le métissage de H. sapiens et de H. neanderthalensis. Parce que d’origine francophone, cette théorie avait été peu considérée par les confrères anglophones de Bernard Vandermeersch. Misliya 1 la confirme.

Source : Pour la Science du 29/01/2018

samedi 27 janvier 2018

Un fossile humain nous éclaire sur les premières migrations de l'histoire de l'humanité

Un morceau de mâchoire retrouvé dans une grotte en Israël devient la plus ancienne trace d'Homo sapiens en-dehors du continent africain.

La grotte de Misliya est aujourd'hui en Israël, sur les pentes du Mont Carmel. Ce n'est pas la seule caverne à déboucher sur les flancs de cette montagne riche en sites préhistoriques. C'est d'ailleurs dans l'une d'elles que l'on avait retrouvé des restes humains considérés jusqu'ici comme les plus anciens fossiles connus d'Homo sapiens hors du continent africain, et dont l'âge était estimé entre 80.000 et 120.000 ans.

C'est aujourd'hui un fragment de mâchoire supérieure, avec quelques dents, qui vient repousser la date des premières migrations d'humains modernes en-dehors de l'Afrique d'au moins 50.000 ans, dans l'estimation la plus basse. En utilisant trois différentes méthodes de datation, l'équipe de scientifiques emmenée par le professeur Israel Hershkovitz, de l'université de Tel-Aviv, qui signe une étude dans le magazine "Science", a pu estimer l'âge de ce fossile : entre 177.000 et 194.000 ans.

Nos ancêtres les migrants

Ces dates sont importantes, car elles montrent que nos connaissances sur le début de la dispersion de notre espèce dans le monde sont encore bien fragmentaires. La plupart des spécialistes s'accordent cependant sur le fait que l'Afrique serait bien le berceau de l'humanité, et que celle-ci en est partie en vagues successives pour aller s'installer sur les autres continents.

Les traces de ces premières migrations, enregistrées au Proche-Orient, étaient donc vieilles d'environ 120.000 ans. Avec la découverte de la caverne de Mislya, on se rapproche des 200.000 ans dans le passé. Cela "change notre vision sur la dispersion des humains modernes et est en accord avec des études génétiques récentes qui ont avancé la possibilité d'une dispersion plus précoce d'Homo sapiens aux alentours de 220.000 ans", expliquent les auteurs.

Cette découverte survient quelques mois après une autre remise en question. Jusque-là, les plus anciens restes d'Homo sapiens se trouvaient en Afrique de l'est, que l'on pouvait penser être le berceau de l'humanité. Mais en juin, on a appris la découverte de fossiles d'Homo sapiens vieux de 300.000 ans à Jebel Irhoud, au Maroc. Plus vieux de 100.000 ans que ce que l'on avait pu trouver dans la région de l'Ethiopie, les morceaux de squelette de Jebel Irhoud ont ainsi repoussé les origines de l'humanité moderne. On voit aujourd'hui que ses migrations ont elles aussi débuté bien plus tôt qu'on l'imaginait.

Rencontre avec Néandertal

La grotte de Misliya se situe également dans un territoire qui était à l'époque occupé également par des populations néandertaliennes. On sait que Sapiens et Néandertal se sont croisés, dans tous les sens du terme, et que l'un de ces points de rencontre se situe non loin de là, en Galilée. En 2015, une étude également menée par le professeur Hershkovitz avait mis en évidence les plus anciennes preuves de ces rencontres inter-espèces voici 55.000 ans.

L'anthropologue déclarait alors que cette région est "le seul endroit où les humains anatomiquement modernes et les Néandertaliens ont vécu côte à côte pendant des milliers et des milliers d’années." Si Sapiens était au Mont Carmel il y a près de 200.000 ans, cela a laissé beaucoup de temps aux deux espèces pour apprendre à mieux se connaître... mais aussi aux Homo sapiens pour découvrir d'autres rameaux de l'espèce humaine pas encore éteints.

"Misliya est une découverte excitante," assure aujourd'hui Rolf Quam, professeur d'anthropologie à l'univerité Binghamton (USA) et co-auteur de l'étude publiée jeudi soir. "Cela nous fournit l'évidence la plus claire à ce jour que nos ancêtres ont pour la première fois migré hors d'Afrique bien plus tôt que nous le croyions précédemment. Cela signifie aussi que les humains modernes ont potentiellement rencontré et interagi avec d'autres groupes d'humains archaïques, fournissant davantage d'occasions d'échanges culturels et biologiques."

La méthode Levallois

L'os n'était pas seul dans la caverne. Dans la même couche géologique, les archéologues ont trouvé des outils. Ceux-ci présentent un aspect que les spécialistes n'ont pas eu de mal à identifier : ils ont été taillés avec la méthode Levallois. Cette technologie sophistiquée permet d'obtenir des pointes de flèches et autres racloirs à partir d'un bloc de silex. Leur présence associée au fossile d'Homo sapiens est "la plus ancienne association connue de la méthode Levallois avec des fossiles humains modernes dans la région," expliquent les scientifiques.

La méthode Levallois aurait été à l'époque considérée comme une technologie de pointe. Associée aux Néandertals d'Europe mais aussi à des Homo sapiens d'Afrique, et pour l'équipe d'Israel Hershkovitz, cela "suggère que l'émergence de cette technologie est liée à l'apparition d'Homo sapiens dans la région, comme cela a été documenté en Afrique."

Nos ancêtres migrants, chasseurs de gros gibier, qui possédaient le feu et fabriquaient des outils perfectionnés, étaient donc aussi des innovateurs.

Source : L'Obs du 25/01/2018

Découverte en Israël du plus ancien « Homo sapiens » hors d’Afrique

Un fossile vieux de 180 000 ans trouvé sur le mont Carmel est le plus vieux représentant de notre espèce connu hors du berceau africain de l’humanité.


Quand l’homme moderne, alias Homo sapiens, est-il sorti d’Afrique ? La présence de fossiles appartenant à notre espèce dans les grottes israéliennes de Skhul et Qafzeh, datés respectivement de 90 000 et 120 000 ans, donnait une fourchette assez large. Mais la découverte d’une demi-mâchoire datant d’environ 180 000 ans, dans la grotte toute proche de Misliya, sur le mont Carmel, elle aussi attribuée à un sapiens, montre que les excursions vers le Levant ont été bien plus précoces qu’on ne l’avait envisagé.

« Cela double presque l’ancienneté de ces premières migrations hors d’Afrique, se réjouit l’anthropologue Israël Hershkovitz (université de Tel-Aviv), responsable des fouilles. Et cela signifie aussi que les périodes d’interaction avec les autres représentants du genre Homo qui étaient déjà hors d’Afrique ont été bien plus longues qu’on le croyait. » Avec l’annonce en 2017 de la découverte au Maroc, sur le site de Djebel Irhoud, d’un représentant de notre lignée vieux de 315 000 ans, l’heure est encore une fois à repousser dans le temps et dans l’espace l’emprise de notre espèce sur la planète.

Le fossile de Misliya ne paie pas de mine : un fragment de maxillaire supérieur gauche et les dents associées. Pas de crâne complet ou d’os de membres. L’étude de ces restes a cependant pris un temps considérable : la fouille de cette grotte a débuté en 2001. Le fossile a été trouvé dès la saison suivante. Mais l’équipe internationale constituée pour analyser ces restes, les dater et les replacer dans leur contexte archéologique, a pris toutes les précautions avant de publier ses résultats, vendredi 26 janvier dans la revue Science.

« On a dû retravailler l’article, faire plus d’analyses pour convaincre les personnes chargées de la relecture du manuscrit, indique Israël Hershkovitz. Une de nos réponses faisait 54 pages, pour justifier les conclusions de notre article qui n’en fait que trois… »

La datation a été confiée à trois laboratoires, en France, en Israël et en Australie, qui ont travaillé avec des méthodes différentes. Toutes convergent vers 180 000 ans, hormis la datation directe d’une dent, qui pointe 70 000 ans. « Cette datation à l’uranium-thorium dépend de la capture de l’uranium par les dents, qui sont un peu comme des éponges, mais le problème est qu’on ne peut savoir si elles ont absorbé cet uranium en une seule fois ou de façon progressive, explique Hélène Valadas, du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (Gif-sur-Yvette), qui a participé à ces datations. En revanche, la même méthode est bien plus fiable pour la croûte minérale qui entourait le fossile et qui, elle, est datée de 185 000 ans. »

« Sens du confort »

L’ancienneté de Misliya-1 – le nom officiel du fossile – ne fait donc pas de doute. Son appartenance à une version archaïque de notre espèce non plus : la forme des dents ne permet en aucun cas de le confondre avec un néandertalien « ou d’autres homininés du Pléistocène moyen d’Europe, et elle le place du côté des humains modernes et proche de celui du Djebel Irhoud », écrivent les chercheurs.

Comment vivaient ces hommes, abrités dans ces grottes ? Ils avaient le sens du confort, note l’archéologue Mina Weinstein-Evron (Université d’Haïfa) à propos de traces de végétaux entremêlés qui font penser « à des matelas ». « Ils chassaient les gazelles, les aurochs, les sangliers et on a retrouvé des coquilles d’œufs d’autruche. On peut imaginer des récipients, ou des grosses omelettes, souligne-t-elle. Des outils pointus étaient utilisés pour extraire des tubercules. Il y a aussi des coquillages mais on ignore s’ils n’ont pas été amenés là par des oiseaux. Comme dessert, il y avait des baies. Bref, ils profitaient au maximum de leur environnement. »

Que signifie leur présence précoce dans ces marges africaines ? « Cette découverte apporte de l’eau au moulin d’un modèle qui émerge actuellement sur la sortie d’Afrique de notre espèce, qui s’appuie à la fois sur des données génétiques et climatiques », se réjouit Jean-Jacques Hublin (Institut Max Planck, Leipzig, et Collège de France), codécouvreur des fossiles du Djebel Irhoud. Côté génétique, certaines analyses d’ADN ancien suggèrent que des premiers croisements entre H. sapiens et son cousin Néandertal, présent antérieurement aussi dans la région du Levant, auraient pu intervenir entre 220 000 et 460 000 ans. Dans ce cas, « les fossiles d’Homo sapiens de Misliya, Skuhl et Qafzeh pourraient représenter des excursions relativement tardives de notre espèce hors d’Afrique », estime Chris Stringer et Julia Galway-Witham (Muséum d’histoire naturelle de Londres) dans un commentaire publié dans Science : d’autres sapiens, encore à découvrir, les auraient précédés.

Des périodes de « Sahara vert »

Côté climat, des périodes de « Sahara vert », où la région du Proche-Orient était moins aride, se sont succédé au cours des derniers 500 000 ans. « Peut-être y a-t-il eu une sortie d’Afrique lors d’un de ces épisodes verts il y a 300 000 ans, puis plus récemment, mais que ces sorties n’ont pas été entièrement couronnées de succès jusqu’à une période récente », avance Jean-Jacques Hublin. En effet, Homo sapiens n’est présent en Europe qu’à partir de 50 000 ans, peu avant la disparition de Néandertal.

Pour Israël Hershkovitz, épisodes verts ou pas, « Israël n’a jamais été vide, en tout cas sur la zone côtière, où il y a toujours eu suffisamment de ressources pour subsister ». Si Homo sapiens n’est arrivé que tardivement en Europe, c’est qu’il n’était pas adapté au climat plus froid qui y régnait : « Pourquoi y aller, alors que la route était ouverte vers l’est, où le climat était plus favorable ? » Cela pourrait expliquer la présence de 47 dents humaines vieilles de 120 000 ans dans la grotte de Daoxian, en Chine, annoncée en 2015.

L’étude des pierres taillées retrouvées à Misliya est un autre élément intéressant. Il s’agit d’outils de type Levallois, produits par débitage d’éclats prédéterminés. On en a trouvé au Djebel Irhoud (315 000 ans), dans d’autres sites africains plus anciens, mais aussi en Europe (Arménie) à la même époque. Cette même technologie a-t-elle été inventée spontanément et simultanément dans plusieurs endroits, dans un phénomène de convergence évolutive, ou bien y a-t-il eu des échanges techniques, comportementaux, à la faveur du corridor israélien ? « On n’a pas encore trouvé d’outils Levallois de plus de 250 000 ans en Israël même », rappelle Israël Herchkovitz. Or, des fossiles datés de ces mêmes niveaux temporels ont été découverts à Misliya, révèle-t-il. Mais il est encore trop tôt pour dire à quelle espèce du genre Homo ils appartiennent. A suivre, donc…

Source : Le Monde du 25/01/2018

jeudi 14 décembre 2017

La dispersion des hommes modernes

Une étude de l’institut Max Plack compile l’ensemble des données sur la dispersion des Homo sapiens dans le monde. Il y a bien eu plusieurs sorties d’Afrique depuis 120 000 ans.

Un nouveau modèle « Out of Africa » enrichi !

La plupart des gens connaissent maintenant le modèle traditionnel «Out of Africa» : des hommes modernes ont évolué en Afrique avant de se lancer à la conquête de nouveaux territoires. Ils ont d’abord traversé l'Asie puis ils ont atteint l'Australie, il y a environ 60 000 ans. Ce processus est de plus en plus souvent amendé et complété avec les progrès technologiques d'identification des fossiles et surtout les analyses génétiques sur des hominidés anciens. Il apparaît maintenant que le déroulé de cette préhistoire doit être révisé et que les premiers humains ont quitté l’Afrique à plusieurs reprises, avant 60 000 ans. Ces sorties multiples ont été l’occasion de nombreux croisements avec d’autres hominidés en Eurasie.

Les chercheurs de l'Institut Max Planck et de l'Université de Hawaii (Manoa) ont confirmé que les recherches démontrent que l’origine africaine des humains il y a 60 000 ans n'est qu'une partie d’une histoire plus complexe.
L'analyse, publiée dans la revue Science, passe en revue la profusion des nouvelles découvertes en Asie au cours de la dernière décennie. Ces études ont été rendues possibles grâce aux progrès technologiques et aux collaborations interdisciplinaires ; elles montrent qu’Homo sapiens a atteint des régions éloignées du continent asiatique, comme par exemple l'Océanie, beaucoup plus tôt qu'on le pensait possible. Toutes les études ADN apportent les preuves que des hommes modernes se sont métissés avec d'autres hominidés déjà présents en Asie, tels que les Néanderthaliens et les Denisoviens, ce qui complique l'histoire évolutive de notre espèce...

Des vagues multiples et successives d’hommes modernes venant d’Afrique, depuis 120 000 ans

Les auteurs ont rassemblé les résultats de plusieurs études récentes pour préciser la chronologie des vagues humaines vers l’Asie. Des études ont dernièrement identifié des fossiles humains modernes dans des parties éloignées de l'Asie qui sont potentiellement assez anciens. Par exemple, des restes d'Homo sapiens ont été trouvés sur plusieurs sites dans le sud et le centre de la Chine, datés entre 70000 et 120 000 ans. Des découvertes supplémentaires indiquent que les humains modernes ont atteint l'Asie du Sud-Est et l'Australie il y a 60 000 ans.
Par ailleurs, des études génétiques confirment que toutes les populations non africaines actuelles proviennent d'une seule population africaine ancestrale il y a environ 60 000 ans. Pour l’équipe de chercheurs, cela pourrait indiquer qu'il y a eu d’abord de multiples et petites dispersions d'êtres humains hors d'Afrique depuis 120 000 ans, puis, une expansion majeure il y a 60 000 ans. Cela expliquerait que la dernière vague ait contribué à l'essentiel de la composition génétique des non-Africains actuels. "Les dispersions initiales en Afrique avant 60 000 ans étaient probablement le fait de petits groupes de chasseurs-cueilleurs, et certaines de ces premières dispersions ont laissé des traces génétiques de bas niveau dans les populations humaines modernes. », explique Michael Petraglia de (Institut Max Planck).


Possibilités de métissages multiples en Asie

Les dernières avancées en génétique ont permis de confirmer que les hommes modernes se sont métissés avec d'autres hominidés anciens. Les Homo sapiens se sont croisés non seulement avec des Homo neanderthalensis, mais également avec des « parents » récemment découverts, les Denisoviens, ainsi qu'avec une population non identifiée d’hominidés prémodernes. Selon une estimation, il apparaît que tous les non-Africains actuels ont entre 1 et 4% d'héritage néandertalien, et selon une autre équipe, les Mélanésiens modernes auraient, en moyenne, 5% d'héritage génétique Denisovien. Dans l'ensemble, il est maintenant clair que les hommes modernes, les Néanderthaliens, les Denisoviens, et peut-être d'autres groupes d'hominidés, se sont rencontrés en Asie, ce qui a multiplié les possibilités de métissages.
Les preuves croissantes de ces interactions suggèrent que la diffusion de la culture matérielle est également plus compliquée qu'on ne le pensait auparavant. "En effet, ce que nous voyons dans le comportement est que la propagation des comportements humains dits modernes ne s'est pas produite dans un simple processus transgressif d'ouest en est, mais plutôt que la variation écologique doit être considérée de concert avec la variation comportementale des différentes populations d'hominidés présentes en Asie au Pléistocène supérieur », explique Christopher Bae (Université d'Hawaii, Manoa).

Source : Hominidés.com du 11/12/2017

lundi 11 décembre 2017

Origine de l’homme moderne: Plusieurs vagues de migrations seraient parties d’Afrique

Une nouvelle étude remet en question l'hypothèse d'une unique grande vague migratoire...

L’Afrique, berceau de l’humanité, aurait été le point de départ de multiples vagues de migrations. C’est ce que révèle une étude dont les conclusions ont été publiées ce jeudi dans la revue Science. Une version qui vient contredire l’hypothèse communément admise d’une unique grande vague migratoire il y a environ 60.000 ans.


De nouvelles découvertes en Asie

Pour en arriver là, les chercheurs se sont appuyés sur de nouvelles découvertes, effectuées en Asie ces dix dernières années. Notamment la mise au jour des ossements d’Homo Sapiens en Chine qui montrent que celui-ci a parcouru de vastes distances beaucoup plus tôt qu’on ne le pensait sur le continent asiatique, s’approchant même de l’Océanie.

Des études récentes ont également confirmé que les populations non africaines actuelles descendent d’un seul groupe en Afrique, remontant à approximativement 60.000 ans. « Les migrations parties d’Afrique antérieures à 60.000 ans étaient probablement de petits groupes d’explorateurs et certains de ces mouvements migratoires ont laissé de faibles traces génétiques dans les populations humaines modernes », a confié Michael Petraglia, le principal auteur de ces travaux.

Des gènes néandertaliens

Des croisements entre les hommes modernes et d’autres hominidés, comme les Néandertaliens ou les Denisoviens, auraient aussi eu lieu. Ainsi, à l’exception des Africains, les humains posséderaient à l’heure actuelle entre 1 et 4 % de gènes néandertaliens dans leur ADN, et ceux originaires du Pacifique auraient eux 5 % de gènes denisoviens.

« Cette collection d’indices nous donne une image des migrations humaines qui ne peut pas se limiter à une seule vague de population d’Ouest en Est », a expliqué Christopher Bae, chercheur de l’université d’Hawaï à Manoa, et co-auteur de l’étude. Pour ce scientifique, « il faut prendre en compte les variations écologiques et les différentes interactions entre les diverses populations d’hominidés présentes en Asie à la fin du Pléistocène, il y a 100.000 ans ».

Source : 20 minutes du 08/12/2017

vendredi 8 septembre 2017

En Crète, des empreintes de pas remettent en cause l'évolution humaine

De mystérieuses empreintes fossilisées datant de 5,7 millions d'années ont été trouvées en Crète. Selon certains chercheurs, il pourrait s'agir de traces d'hominines. Mais, si tel est bien le cas, il faudrait alors totalement repenser l'origine du genre Homo.

Un article publié récemment dans Proceedings of the Geologists' Association par les membres d'une équipe internationale de chercheurs (essentiellement des chercheurs polonais en géosciences) fait quelques vagues dans le petit monde de la paléontologie. Elle porte sur une découverte dont l'interprétation, si elle venait à être avérée, serait fort intéressante, mais peut-être pas aussi révolutionnaire tout de même (quoique) que la découverte d'Homo naledi ou que celle des restes fossilisés d'Homo sapiens primitifs sur le site de Djebel Irhoud, au Maroc.

Tout commença en 2002, lorsque le paléontologue polonais Gerard Gierlinski tomba par hasard sur ce qui semblait être des empreintes fossiles de mammifères dans une couche sédimentaire, lors de ses vacances en Crète. Le chercheur ne revint vraiment sur le site qu'en 2010 ; c'est alors que des recherches plus approfondies débutèrent dans la région de Trachilos, près de la ville de Kissamos, située à l'ouest de l'île. Une véritable piste, avec 29 traces de pas dont les tailles sont comprises entre 9,9 et 22,3 cm de longueur, fut finalement découverte. Or, selon les chercheurs, ces traces proviendraient de bipèdes et, surtout, de mammifères dont les pieds seraient ceux d'hominines, ce qui les rattacherait directement à nous.

Des hominines qui traversent une Méditerranée à sec ?

Les chercheurs ont bien évidemment voulu dater leur trouvaille. Ils ont été aidés en cela par la présence de foraminifères dans la strate sédimentaire portant les empreintes de pas supputées. Il faut savoir que ces micro-organismes marins évoluent avec le temps, ce qui fait d'eux des marqueurs temporels efficaces pour dater une couche dans laquelle ils se trouvent fossilisés. Dans un premier temps, un âge compris entre 8,5 et 3,5 millions d'années fut ainsi obtenu. Ces traces sont donc au moins aussi anciennes que celles de Laetoli, découvertes en Tanzanie en 1978 et qui sont datées d'environ 3,5 millions d'années (très célèbres, elles sont attribuées aux australopithèques).

Mais comment diable des hominines primitifs de cette époque, tout juste en train de développer des outils rudimentaires, auraient-ils bien pu traverser la Méditerranée ? C'est oublier un peu vite la fameuse crise de salinité messinienne, c'est-à-dire un assèchement important, et peut-être même complet, de cette mer du fait de la fermeture temporaire du détroit de Gibraltar, provoquée par les mouvements de la tectonique des plaques. Transitoire, cet assèchement s'est produit pendant le Messinien, à la fin du Miocène, il y a 5,96 à 5,33 millions d'années. Or, justement, les études stratigraphiques montrent que la couche trouvée en Crète est proche d'une couche repère bien connue de cet évènement. Nous savons donc que les bipèdes ayant laissé ces traces devaient vivre il y a environ 5,7 millions d'années. Une bonne partie de la Méditerranée ressemblait alors à la dépression de l’Afar et le Sahara n'était pas un désert mais une savane africaine.

La Crète n'étant alors pas une île, les traces de Trachilos pourraient bien avoir été laissées par des hominines. Mais certains paléoanthropologues le nient sur la base de la structure de ces empreintes qui, hélas, ne sont pas d'une qualité suffisante pour que le débat soit tranché rapidement. Or, jusqu'à présent, les traces d'hominines datant de plus de 2 millions d'années ont toutes été retrouvées en Afrique. Il faudrait donc en conclure que ces hominines auraient pu s'aventurer au-delà plus tôt qu'on ne le pensait. D'ailleurs, c'est bien ce que certains pensent déjà en se basant sur des découvertes de dents appartenant au grécopithèque (Graecopithecus freybergi) qui, bien que cela soit débattu, pourraient faire de lui l'ancêtre du genre Homo, ce qui bouleverserait nos idées sur nos origines.

Ce qu'il faut retenir
  • Une piste, avec ce qui semble être 29 traces de pas, dont les tailles sont comprises entre 9,9 et 22,3 cm de longueur, a été découverte en Crète.
  • Selon les chercheurs à l'origine de cette découverte, ces traces proviendraient de bipèdes et, surtout, de mammifères dont les pieds seraient ceux d’hominines et pas de singes. D'autres chercheurs ne sont pas d'accord.
  • Si tel est bien le cas, étant âgées d'environ 5,7 millions d'années, ces traces pourraient conduire à repenser la chronologie et la structure de l'arbre des hominines menant à Homo sapiens.

Source : Futura Sciences du 04/09/2017

mardi 5 septembre 2017

Des préhumains ont-ils marché en Crète il y a 5,7 millions d’années ?

Des traces de pas auraient été laissées par un préhumain, il y a 5,7 millions d’années en Méditerranée. Si la découverte se confirme, elle indiquerait que nos grands ancêtres ont occupé une aire biogéographique dépassant la seule Afrique.



Ce ne sont que 29 traces de pas, mais elles pourraient nous obliger à revoir la marche de l'histoire ! Découvertes en 2002 par un géologue polonais sur le site de Trachilos, en Crète (voir la carte ci dessous), elles viennent en effet d'être datées de -5,7 millions d'années et attribuées à un homininé (c'est-à-dire un grand ancêtre des humains) plus jeune que Toumaï, mais bien plus vieux que les australopithèques (lire l'encadré ci dessous). "Cette recherche, publiée dans les Proceedings of the Geologist association prête à controverse, parce qu'elle suggère que les premiers ancêtres des humains vivaient dans le sud de l'Europe aussi bien qu'en Afrique de l'est" conviennent deux des auteurs, Matthew Robert Bennett, professeur de géographie environnementale à l'Université de Bournemouth (Grande Bretagne) et Per Ahlberg, professeur de biologie évolutionnaire à l'Université d'Uppsala (Suède).

Homininés, Hominidés, kesaco ? Selon le vocabulaire en usage chez la majorité des scientifiques, les homininés regroupent les hommes (Homo) et leurs ancêtres fossiles (Toumaï, Orrorin, australopithèques, kenyanthropes et ardipithèques). Les hominidés regroupent l'homme actuel, le chimpanzé, le bonobo, le gorille et l'orang-outan.

Ces traces de pas ont deux millions d'années de plus que celles de Laetoli, jusqu'alors les plus anciennes connues au monde. Elles auraient été faites par "quelqu'un marchant debout sur ses jambes" et chaussant du 35 maximum, puisqu'elles mesurent entre 9,4 cm et 22,3 cm. Leur forme seraient très similaires à celles des humains. "Les autres primates laissent des empreintes très différentes, leur pied ressemble plus à une main, avec un gros orteil écarté comme un pouce", soulignent les auteurs. Dépourvues de griffes, ces pieds seraient également dotés de coussinets proches de ceux des plantes humaines.

Pas de quoi convaincre le paléoanthropologue Zach Throckmorton, professeur d'Université à l'école de médecine de l'université du Michigan (Etats-Unis) : "Les traces de pas ne constituent pas des indicateurs fiables de l'architecture du squelette du pied, conteste t-il. Pour moi, ce gros orteil est un orteil de singe et non d'humain, vu son positionnement. Ou alors, celui qui a laissé l'empreinte souffrait du plus énorme hallux valgus (une déformation du gros orteil appelée oignon) qu'il m'ait été donné de voir ! " précise t-il malicieusement.

il y a 5,6 millions d’années, la Méditerranée était totalement asséchée

Quoiqu'il en soit, les traces ont été laissées sur une bande de sable, proche de l'ancien lit d'une rivière. Leur datation a été faite à partir de l'analyse de foraminifères, des micro-organismes marins fossiles dont l'évolution très rapide, au cours du temps, donne de bons jalons aux préhistoriens et biogéographes. Or, il y a 5,6 millions d'années, la Méditerranée s'est entièrement asséchée. Cet évènement extraordinaire a laissé des sédiments faciles à interpréter.

Les chercheurs situent le berceau de l'humanité en Afrique, là où ont été faites les plus anciennes ou spectaculaires découvertes, de Toumaï aux premiers Homo, en passant par Orrorin, Ardipithecus ou encore les australopithèques (voir l'encadré ci dessous et lire notre Hors série n°183, La Grande Histoire de l'humanité). Mais si la découverte se confirme, il faudra admettre que des homininés arpentaient également les pourtours de la méditerranée il y a 5,7 millions d'années.

Les plus anciens fossiles ou traces de préhumains connus sont Sahelanthropus alias Toumaï (-7 millions d'années) et Orrorin (-6 Ma) auquel s'ajoute l'étrange Graecopithecus (-7,2 Ma), un primate qui vient d'être reclassifié en homininé. Les traces de pas de Trachilos ont -5,7 millions d'années. Ardipithecus Kaddaba a environ le même âge. Les traces de pas de Laeotoli ont seulement 3,8 millions d'années et sont attribuées à des Australopithecus. Crédit GPA.

A l'époque, au miocène tardif, le désert du Sahara n'existait pas, des environnements de savane s'étendaient du nord de l'Afrique l'est de la Méditerranée. De surcroît, la Crète n'était pas encore détachée de la Grèce. "Dans ces conditions, il n'est pas difficile d'imaginer que les premiers homininés avaient une aire de distribution à travers tout le sud de l'Europe et toute l'Afrique et qu'ils ont pu laisser leurs empreintes sur un rivage méditerranéen" souligne Matthew Robert Bennett.

Reste une question : qui a laissé ces empreintes ? On savait déjà que des singes fossiles vivaient au Miocène dans cette région du monde. Mais pourrait-il vraiment s'agir d'un homininé, d'un préhumain ? Une étude vient donner un peu de crédit à l'hypothèse. Par une bienheureuse coïncidence, au début de l'année 2017, des chercheurs allemands, grecs et bulgares ont en effet réexaminé les restes d'un primate de Grèce et de Bulgarie, le Graecopithecus, vieux de – 7,2 millions d'années et… conclu qu'il s'agissait bien d'un homininé, le premier connu hors d'Europe. Leur analyse, reposant sur une mâchoire et une dent, a été très critiquée. Mais pour les découvreurs des traces de Crète, ce bonhomme fossile, surnommé "El Graeco" ou plutôt l'un de ses descendants, pourrait être le promeneur de Trachilos. Une nouvelle controverse est en marche.

Source : Sciences et Avenir du 01/09/2017

mercredi 28 juin 2017

Pierolapithecus catalaunicus

Le piérolapithèque ou Pierolapithecus catalaunicus est une espèce de primates qui vécut au Miocène, il y a environ 13 millions d'années, son apparition étant liée à la suite du petit réchauffement climatique qui voit l'extension de forêts sur la partie méridionale de l'Eurasie à cette époque. Certains voient en lui un ancêtre commun des hommes modernes et des autres grands singes, ou tout au moins une espèce plus proche d'un ancêtre commun qu'aucun fossile découvert précédemment.

Source : Wikipedia

Age : - 13 millions d'années
Taille : ?
Poids : 35 kg
Localisation : Espagne (Barranc de Can Vila1)
Habitat : Forêts
Feux : Non
Outils : Non

Source : Sa fiche sur Hominidés.com

mardi 27 juin 2017

Ouranopithecus macedoniensis

L'ouranopithèque est un genre éteint (Ouranopithecus) de grands primates qui vécut au cours du Miocène.

Il est représenté par l'espèce Ouranopithecus macedoniensis, parfois appelée Graecopithecus macedoniensis, découverte en Grèce et datant du Miocène supérieur, il y a environ entre 9,5 et 8 Ma (millions d'années).

Si l'on se fonde sur son anatomie dentaire et faciale, il est possible qu'il s'agisse d'un dryopithéciné. Certains l'apparentent plutôt aux orang-outans dans la sous-famille des ponginés, alors que les dryopithécinés étaient plus proches des homininés. Certains auteurs pensent qu'Ouranopithecus macedoniensis est un ancêtre des homininés du Plio-pléistocène.

Source : Wikipedia

lundi 26 juin 2017

Ugandapithecus major

Age : -19 à - 20 millions d'années
Taille : 0,40 à 0,60 mètre
Poids : de 30 à 40 kg
Localisation : Ouganda - Kenya
Habitat : Forestier
Feux : non
Outils : non

Source : Sa fiche sur Hominidés.com